HONTE : définition du mot 'honte' dans le dictionnaire français - CocoLeDico.com

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honte

Nom commun , , singulier

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Définition de "honte"

Académie française, 8ème édition

Définition 1 :
honte
Sentiment pénible excité dans l'âme par la conscience d'une faute commise et la confusion, le trouble qu'on en ressent. Avoir honte de mentir. Il a honte d'avoir fait cette mauvaise action. Il a honte de se montrer. La honte le retient. Il y a une bonne et une mauvaise honte. Il ne faut pas avoir honte de bien faire. J'éprouvais à leur aspect une sorte de honte. Rougir de honte. Pleurer de honte. Vous devriez mourir de honte. N'avez-vous point honte de manquer de parole, de vous comporter avec cette indécence? J'en ai honte pour vous. J'aurais honte de rapporter les propos indécents qu'il tenait. Je ne puis, sans quelque honte, vous faire cet aveu. Je puis l'avouer sans honte. Toutes les hontes sont accumulées sur sa tête. Fausse honte, mauvaise honte, Honte mal placée qui provient d'un scrupule excessif ou d'une faiblesse de caractère et fait qu'on est confus de choses méritoires. C'est une mauvaise honte. Manquer au devoir par fausse honte. Une sotte honte le retint. Faire honte à quelqu'un, Lui causer de la honte, être un sujet de honte pour lui. Ils tirent vanité de ce qui devrait leur faire le plus de honte. Cet écolier fait honte à tous les autres par son application. Votre activité fait honte à ces paresseux. Faire honte à quelqu'un signifie encore Faire à quelqu'un des reproches qui lui causent de la honte, de la confusion; et alors honte est souvent accompagné d'un complément. Faites-lui honte, il le mérite bien. Faites- lui honte de sa paresse. On lui en a bien fait honte. Poétiquement, et en parlant des Choses, Faire honte, Effacer, éclipser. La blancheur de son teint fait honte à la neige. Prov. et fig., Avoir perdu toute honte, Être sans pudeur, être insensible au déshonneur. On dit dans le même sens Avoir toute honte bue, mettre bas toute honte. Prov., Revenir, s'en retourner avec sa courte honte, Revenir, s'en retourner après avoir essuyé un affront, un refus, ou sans avoir rien fait de ce qu'on s'était promis de faire. Il signifie encore Humiliation, déshonneur. Essuyer la honte d'un refus, d'une disgrâce. La honte doit en retomber sur lui. Il n'en recueillera que de la honte. Cette action imprime à sa mémoire une honte éternelle. Couvrir quelqu'un de honte. Effacer la honte d'une mauvaise action. Il y a de la honte à se conduire ainsi. Il n'y a pas de honte à être pauvre. Elle se vit contrainte d'avouer sa honte. Pleurer sa honte. Quelle honte pour nous! À la honte de la raison, du bon sens. Être la honte, faire la honte de sa famille, etc., Lui faire un grand déshonneur. Les mauvais ouvrages, les ouvrages immoraux font la honte de leurs auteurs. De tels hommes sont la honte de l'humanité.

Wiktionnaire

Définition 1 :
honte
Déshonneur, opprobre, humiliation (ce qui est le sens étymologique et ancien). Se plaindre est une honte et soupirer un crime. — (Pierre Corneille, Hor. IV, 4.) La gloire d’une mort qui nous couvre de honte. — (Pierre Corneille, Pomp. II, 2.) Mais pour braver Marcelle et m’affranchir de honte, Il est une autre voie et plus sûre et plus prompte. — (Pierre Corneille, Théodore, III, 3.) Dans la nuit du tombeau j'enfermerai ma honte. — (Jean Racine, Iphig. II, 1.) J'ai déclaré ma honte aux yeux de mon vainqueur. — (Jean Racine, Phèdre, III, 1.) Déjà de sa présence [de Phèdre] avec honte chassée, Dans la profonde mer Œnone s’est lancée. — (Jean Racine, ib. V, 5.) Il y aurait de la honte à m’abandonner. — (François de Salignac de la Mothe Fénelon, Tél. XV.) Il fait à l’homme de bien une honte de la vertu. — (Jean-Baptiste Massillon, Pet. car. Triomph.) Et si je n'écoutais que ta honte et ma gloire. — (Voltaire, Zaïre, III, 4.) Tu vois mon sort, tu vois la honte où je me livre. — (Voltaire, ib. V, 8.) Va, la honte serait de trahir ce que j'aime. — (Voltaire, ib. IV, 3.) La honte est dans l’offense, et non pas dans l’excuse. — (La Chaussée, Préjug. à la mode, V, 1.) Ce n'est pas ce que voulait madame Kaufmann : il lui fallait savourer la honte de sa rivale, la voir humiliée, perdue, insultée. — (Fr. Soulié, les Forgerons, § II.)

Définition 2 :
honte
Par exclamation. Ô honte, qui jamais ne peut être effacée ! — (Jean Racine, Esth. III, 1.)

Définition 3 :
honte
Être la honte, faire la honte de sa famille, de son pays, de son siècle, lui faire un grand déshonneur. Divorces et séparations si ordinaires aujourd'hui dans le monde, et que nous pouvons regarder comme la honte de notre siècle, surtout parmi des chrétiens. — (Louis Bourdaloue, 2e dim. apr. l’Épiphan. Dominic.)

Définition 4 :
honte
À la honte de, en causant déshonneur. Où des fils de la terre La rage ambitieuse à leur honte parut. — (François de Malherbe, II, 12.) Épargnez-moi des pleurs qui coulent à ma honte. — (Pierre Corneille, Poly. II, 2.) Combien de chrétiens, disons mieux, combien de mondains, à la honte du christianisme qu’ils professent, vivent aujourd'hui dans la même ignorance ! — (Louis Bourdaloue, Myst. Pentec.) Mille bruits en courent à ma honte. — (Jean Racine, Brit. IV, 2.) Enfin il [Galilée] fut condamné, à la honte de la raison. — (Voltaire, Phil. Newt. Singul. nat. 19.)

Définition 5 :
honte
Familièrement et par exagération. C'est une honte, c’est grand'honte, il ne convient pas, il est messéant. Et que c’est honte au roi de ne leur donner rien. — (Abbé Mathurin Régnier, Sat. II.) Car c’est honte de vivre et de n'être amoureux. — (Abbé Mathurin Régnier, Épît. II.) […]C'est grand'honte Qu'il faille voir ainsi clocher ce jeune fils. — (Jean de la Fontaine, Fabl. III, 1.)

Définition 6 :
honte
Il se dit aussi au pluriel (Voltaire a condamné cet emploi ; mais, outre les autorités, la raison et l’usage n'empêchent pas d’employer ce mot abstrait au pluriel). Les soins que cette amour nous donne en cette vie Ne peuvent aussi bien nous élever si haut, Que la perfection la plus digne d’envie N'y soit toujours suivie Des hontes d’un défaut. — (Pierre Corneille, Imit. I, 3.) Mais tu sais quel orgueil ont lors montré les comtes ; Combien d’affronts pour lui, combien pour moi de hontes ! — (Pierre Corneille, D. Sanche, II, 1.) Pour réserver sa tête aux hontes du supplice. — (Pierre Corneille, Pomp. V, 3.) La plus brillante fortune ne mérite point ni le tourment que je me donne, ni les humiliations, ni les hontes que j'essuie. — (Jean de la Bruyère, VIII.) Il aurait fallu prévoir les écueils d’un tel succès, et empêcher les méfaits et les hontes dont le monarque délivré allait charger sa couronne, et, jusqu'à un certain point, la responsabilité de ses libérateurs. — (Villem., la Tribune franç. Châteaubriand, ch. 14.)

Définition 7 :
honte
Familièrement. Faire mille hontes, faire cent hontes, accabler d’outrages. Dans les bras de ce fils on lui fait mille hontes. — (Pierre Corneille, D. Sanche, V, 4.) Je vous conjure que ce soit en particulier que je lui demande pardon, parce que sans doute il me ferait cent hontes, cent opprobres devant tout le monde. — (Molière, Médecin volant, sc. 15.)

Définition 8 :
honte
Sentiment pénible qu’excite dans l’âme la pensée ou la crainte du déshonneur. Seigneur, ce que je suis ne me fait point de honte. — (Pierre Corneille, D. Sanche, I, 3.) La honte se met entre la vertu et le péché pour empêcher qu’on ne la quitte ; puis entre le péché et la vertu pour empêcher qu’on ne la reprenne. — (Jacques-Bénigne Bossuet, Pensées chr. VIII.) Il n'eut point de honte d’écrire que… (Jacques-Bénigne Bossuet, Historique II, 3.) Ce lui serait une honte de se dire… (Jacques-Bénigne Bossuet, ib. 6.) Elle lui pardonna son crime [au gouverneur qui avait fait tirer sur la reine], le livrant pour tout supplice à la honte d’avoir entrepris sur la vie d’une princesse si bonne et si généreuse. — (Jacques-Bénigne Bossuet, Reine d’Anglet.) La nature, dit Tertullien, a couvert tout le mal de crainte ou de honte. — (Jacques-Bénigne Bossuet, Sermons, Vaines excuses des pécheurs, 2.) La honte est une passion que la nature raisonnable excite en nous et qui nous détourne, sans que nous remarquions même ni comment ni pourquoi, de tous les excès et de toutes les impuretés du vice. — (Louis Bourdaloue, Exhort. sur la flagellatin de J. C.) Et que, pour retourner à Dieu, vous repreniez cette honte du péché que vous aviez perdue. — (Louis Bourdaloue, 13e dim. après la Pentec. Dominic.) La honte du bien, dit saint Bernard, est en nous la source de tout mal, et la honte du mal est le principe de tout bien. — (Louis Bourdaloue, Exh. sur la Flagellatin de J. C. t. II, p. 79.) Combien de fois une honte criminelle vous a-t-elle fermé la bouche dans des occasions où il fallait s’expliquer hautement ! — (Louis Bourdaloue, Myst. Épiphan. t. I, p. 112.) Je pourrais la décrire dans ces lieux sombres et retirés, où la honte tient tant de langueurs et de nécessités cachées, versant à propos des bénédictions secrètes sur des familles désespérées qu’une sainte curiosité lui faisait découvrir pour les soulager. — (Esprit Fléchier, Aiguillon.) Je veux voir son désordre et jouir de sa honte. — (Jean Racine, Bajaz. IV, 6.) La sagesse n'a point de honte de paraître enjouée. — (François de Salignac de la Mothe Fénelon, Tél. VIII.) Personne n'a jamais mieux su soulager et les besoins d’autrui et la honte de les avouer. — (Bernard le Bouyer de Fontenelle, des Billettes.) La honte, compagne de la conscience du mal, était venue avec les années. — (Jean-Jacques Rousseau, Confess. III.)

Définition 9 :
honte
Avoir honte, éprouver de la honte. J'ai honte de montrer tant de mélancolie. — (Pierre Corneille, Hor. I, 2.) Monsieur, vous vous moquez ; j'aurais honte à la prendre [une bague]. — (Molière, le Dép. am. I, 2.) [L'envie] est un orgueil lâche et timide qui se cache, qui fuit le jour, qui, ayant honte d’elle-même… (Jacques-Bénigne Bossuet, 2e serm. Démons, 2.) Il eut honte de se voir vaincu. — (François de Salignac de la Mothe Fénelon, Tél. IV.) J'ai honte à ma fortune, en regardant la tienne. — (André Chénier, Idylles, le Mendiant.)

Définition 10 :
honte
On le dit aussi au pluriel en ce sens. J'aurais toutes les hontes du monde s’il fallait que… (Molière, Préc. 10.)

Définition 11 :
honte
Faire honte à quelqu'un, être pour lui une cause de honte. Ne l’entreprenez pas, votre offre me fait honte. — (Pierre Corneille, Médée, IV, 6.) J'ai peur qu’elle ne fasse honte à ses parents. — (Marquise de Sévigné, 398.) Sainte institution qui fait honte aux chrétiens. — (Jacques-Bénigne Bossuet, Historique III, 6.) Songez-vous que toute autre alliance Fera honte aux Césars, auteurs de ma naissance ? — (Jean Racine, Brit. II, 3.)

Définition 12 :
honte
Poétiquement. Faire honte, éclipser. À quelles roses ne fait honte De son teint la vive fraîcheur ? — (François de Malherbe, V, 18.) La belle enfin découvre un pied dont la blancheur Aurait fait honte à Galathée. — (Jean de la Fontaine, Scam.) Ses trésors, sous vos pas confusément semés, Ont de quoi faire honte à l’abondance même. — (Molière, Psych. IV, 2.)

Définition 13 :
honte
Faire honte, faire des reproches qui causent de la honte, de la confusion. Je lui dis qu’il me fait mal au cœur, je lui fais honte, je lui dis que ce n'est point la vie d’un honnête homme. — (Marquise de Sévigné, 44.) Elle soupa le soir, et [la Voisin, empoisonneuse] recommença, toute brisée qu’elle était, à faire la débauche avec scandale ; on lui en fit honte, et on lui dit qu’elle ferait bien mieux de penser à Dieu. — (Marquise de Sévigné, 407.) Qu'il sache faire honte à tous ceux qui aiment une dépense fastueuse. — (François de Salignac de la Mothe Fénelon, Tél. XXII.)

Définition 14 :
honte
Vous devriez mourir de honte, se dit, par exagération, à quelqu'un qui a commis une action très répréhensible. Les Ribalier et les Cogé devraient mourir de honte s’ils n'avaient pas toute honte bue. — (Voltaire, Lett. Damilaville, 28 sept. 1767.)

Définition 15 :
honte
Avoir perdu toute honte, être insensible au déshonneur.

Définition 16 :
honte
On dit dans le même sens : mettre bas toute honte, et avoir toute honte bue. Bartholomée ayant ses hontes bues. — (Jean de la Fontaine, le Calendr.) […]Soit que, sentant son cas, Simone encor n'ait toute honte bue. — (Jean de la Fontaine, Richard.) Honte bue à présent, ma foi, sur l’inconstance. — (Du Frény, Réconcil. norm. IV, 3.) Puisque Pigalle ma sculpté, il faut bien que je souffre qu’on me peigne, j'ai toute honte bue. — (Voltaire, Lett. Florian, 3 août 1770.)

Définition 17 :
honte
Courte honte, insuccès. Pour laisser le marquis avec sa courte honte. — (Hauteroche, Bourg. de qual. III, 1.) […]Tu me vois avec ma courte honte. — (Thomas Corneille, D. Bertr. de Cigarral, IV, 2.) Le chat court, mais trop tard, et bien loin de son compte, N'eut ni lard ni souris, n'eut que sa courte honte. — (La Motte, Fabl. IV, 8.)

Définition 18 :
honte
Un homme s’en retourne, s’en revient avec sa courte honte quand il a reçu l’affront de n'avoir pu réussir en quelque entreprise. Cette locution est singulière ; et, comme elle manque d’historique, on ne sait comment l’expliquer avec quelque sûreté. Provisoirement, on peut penser que courte honte signifie proprement honte à court délai, honte qui arrive tout de suite.

Définition 19 :
honte
Mauvaise honte, fausse honte de ce qui n'est pas blâmable, et quelquefois même de ce qui est louable. Par je ne sais quelle bonté, ou, si l’on veut, mauvaise honte, je n'ai pas la force de rien refuser de ce que l’on me demande avec opiniâtreté. — (Paul Scarron, Œuvres, t. I, p. 177.) Mais aucun de ces maux n'égala les rigueurs Que la mauvaise honte exerça dans les cœurs ; De ce nid à l’instant sortirent tous les vices. — (Nicolas Boileau-Despréaux, Ép. III.) La mauvaise honte est le mal le plus dangereux et le plus pressé à guérir. — (François de Salignac de la Mothe Fénelon, Éduc. des filles, ch. 9.) Ce n'est pas le vrai honneur, c est une mauvaise honte qui me retient. — (François de Salignac de la Mothe Fénelon, Dial. des morts ancien dial. 45.) Il [Charles XII] avait conservé, dans l’inflexibilité de son caractère, cette timidité qu’on nomme mauvaise honte. — (Voltaire, Charles XII, 8.)

Définition 20 :
honte
Fausse honte, timidité mal placée, honte non justifiée. Je me sens retenu par cette fausse honte. — (La Chaussée, Préj. à la mode, II, 1.)

Définition 21 :
honte
Sotte honte, synonyme de fausse honte. Je crois qu’il y eut en cette occasion plus d’orgueil à parler qu’il n'y aurait eu de sotte honte à se taire. — (Jean-Jacques Rousseau, Confess. VIII.)

Définition 22 :
honte
Dans le langage biblique, la honte, les parties que l’on doit cacher. C'est pourquoi j'ai relevé vos vêtements sur votre visage, et on a vu votre honte. — (Isaac Louis Lemaistre de Sacy, Bible Jérémie, XIII, 26.)

Citations honte

Quelques phrases sur le mot honte glanées ici et là sur le Web afin d'illustrer et mieux comprendre le mot honte.

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